ATTELAGE : CONSEILS  QUE  LE  VÉTÉRINAIRE  DOIT  POUVOIR  DONNER  A  TOUT  MENEUR
              

                                                                                                  par Dr Guy  SOUFFLEUX

         La demande de conseils de la part du meneur peut se faire une fois que l'attelage est constitué ou avant tout achat. Dans ce cas les questions peuvent porter sur le choix du cheval et celui de la voiture. Lorsque l'attelage est constitué, le meneur peut être demandeur de conseils sur l'alimentation, l'entraînement, qui seront fonction du type et de l'intensité de l'activité : concours d'attelage, TREC (Technique de Randonnée Équestre de Compétition), randonnée, de niveau régional ou national, de conseils sur la prévention des risques de traumatismes du cheval provoqués par la voiture : ajustement du harnais, adaptation de la voiture à la morphologie du cheval, de conseils sur les "Ecoles d'attelage" pour apprendre à mener ou se perfectionner (voir annexe).

 

4 )  L'ALIMENTATION  DU  CHEVAL  D'ATTELAGE  (Première publication décembre 2004, dernière mise à jour 21 décembre2007)

       

      L'alimentation du cheval doit être régulière et doit prendre en compte des transitions alimentaires de plus de 15 jours lors de l'introduction d'un nouvel aliment.

       Régularité
   Cela évite des situations de surcharges alimentaires à l'origine de désordres digestifs allant de la diarrhée à la colique, et à la fourbure.
    En effet, les facultés digestives du cheval s'adaptent à la qualité et à la quantité de l'aliment. Il faut donc une alimentation constante, même si elle ne suit pas les fluctuations des besoins générés par un travail irrégulier. Pour connaître le niveau énergétique de la ration alimentaire propre à couvrir les dépenses énergétiques, il faut additionner ces dépenses sur une semaine, puis ramener cela à un jour moyen en divisant par 7. Les excédents alimentaires des jours non travaillés seront mis en réserve sous forme de glycogène ou de lipides, qui seront réutilisés les jours d'activités.
    Il faut une alimentation régulière pour un travail en dents de scie, et non une alimentation en dents de scie parallèle à l'activité du cheval.

       Transitions alimentaires
   Il faut quinze jours pour adapter une flore intestinale à un nouvel aliment : nouveau concentré, passage du foin à l'herbe, sinon le cheval risque d'avoir des coliques ou de faire de la fourbure. La colique est la première cause de mortalité des chevaux.

   Lors de randonnée de 4 à 5 heures, plusieurs jours de suite, le cheval d'attelage est amené à fournir des efforts bien plus importants que lors de sa promenade hebdomadaire de deux heures. La connaissance de sa dépense énergétique va permettre d'adapter son alimentation à l'effort fourni. Cette dépense énergétique est calculée à partir de la dépense du cheval au repos, augmentée de la dépense de traction pour le cheval d'attelage.

   Le cheval au repos, comme nous d'ailleurs, dépense de l'énergie pour respirer, pour s'alimenter, s'abreuver, se tenir debout. Cette dépense constitue le besoin d'entretien qui est nécessaire au bon fonctionnement de l'organisme : énergie (apportée sous forme glucidique ou lipidique), protéines, sels minéraux, vitamines, oligo-éléments. Ce besoin est bien connu, et dépend du poids du cheval.

  CHEVAL  A  L'ENTRETIEN

          La consommation volontaire se situe entre 1,5 et 2 kg de matière sèche pour 100 kg de poids vif.

  PONEY   CHEVAL
  200 kg 450 kg 500 kg 600 kg 800 kg
ÉNERGIE  2.1 3.9 4.2 4.8 5.7 UFC
MATIÈRE AZOTÉE  150 275 295 340 420g MADC
Calcium 12 21 25 30 42 g
Phosphore  8 14 15 20 28 g
Magnésium 4 7 8 10 14 g

                                   
         Ainsi la ration d'un cheval de 500 kg qui consomme 9 kg de MS doit apporter:

    4,2 UFC       300g MADC         25g Ca       15g P       7g Mg  
 800mg Fe       200mg Cu       600mg Zn      400mg Mn      1,6mg Se      1,6mg I
40 000 UI vit A,          6 000 UI vit D,        100 UI vit E (100mg)
  24mg vit B1,      40mg vit B2,     120mg Niacine,     12mg vit B6,
 120mg vit B12,     600mg Choline,     15mg vit H,     1mg vit K

                     UFC = unité fourragère cheval         MADC = matière azotée digestible cheval             

 CHEVAL  AU  TRAVAIL

           A cette dépense d'entretien s'ajoute une dépense due au travail qui peut devenir très importante pour le cheval d'attelage de randonnée. Pensez qu'il peut tirer son propre poids sur une quarantaine de kilomètres par jour, à une vitesse moyenne de 8 à 12 km/h suivant les déclivités ou le tirant des chemins. Cette dépense énergétique due au travail, a trois composantes principales : la charge tirée et le tirant du chemin utilisé, la présence de déclivité, la vitesse donc le temps de parcours (13).

 1  LA CHARGE TIRÉE

       Pour un parcours à moitié sur route et à moitié sur chemin, la charge tirée augmente la dépense d'entretien de 5 à 20% suivant la progressivité suivante qui est fonction du rapport entre la masse du cheval et celle de la voiture:

   Une charge tractée 40% de la masse du cheval, augmente la dépense d'entretien de 5%
                                60%                                                                                        10%
                                80%                                                                                        15%
                              100%                                                                                        20%
 

 2  DÉNIVELLATION

     Il faut mesurer sur la carte chaque différence de niveau montante, et pour chaque dénivelé de 60m, la dépense énergétique de l'attelage augmente de 2,5%. La descente est une opération neutre en ce sens qu'elle ne recharge pas le cheval en énergie comme certains jouets à volant d'inertie.

 3  LA VITESSE

     Chez le cheval d'attelage dont la vitesse moyenne va de 6 à 15 km/h, la dépense énergétique est proportionnelle à la vitesse, car il se cale sur un pas ou un trot cadencé pour lequel sa dépense énergétique est la moins élevée possible.
     Il en est différemment chez le trotteur de course qui va au maximum de l'allure du trot pour atteindre 50 km/h. A cette vitesse le trotteur en course dépense 14 fois plus d'énergie que le cheval d'attelage à 15 km/h !
     La dépense énergétique du cheval d'attelage augmente de 10% par heure, pour une vitesse moyenne de 6 km/h, de 25% par heure pour une vitesse moyenne de 15 km/h.

      La dépense due au travail générera un besoin supplémentaire à l'entretien de :
70 g de MADC / UFC travail , 2 g de calcium / UFC de travail , 1 g de phosphore / UFC de travail , 0,6 g de magnésium / UFC de travail   (21)


               ÉLÉMENTS  DU   CALCUL  DE  LA  DÉPENSE  D'ÉNERGIE DU  CHEVAL  D'ATTELAGE  DE  RANDONNÉE

     Charge   tractée sur route
 Une charge de 40 %  du poids du cheval  augmente la dépense d'entretien de 1,25%
                        60%                                                                                        2.5%
                        80%                                                                                        4%
                      100%                                                                                        5%

        L'effet de cette charge doit être affecté d'un coefficient de tirage fonction de la surface sur laquelle se déplace la voiture: route = 1, chemin solide = 8, sable = 18, terrain argileux = 25 . 

        Ainsi un cheval de 600 kg tirant une voiture de 600 kg sur route augmente sa dépense d'entretien de 5 %. Sur chemin elle serait augmentée de 5 % x 8 = 40 %



Le coefficient de tirage est égal à 1 sur une route.

Le coefficient de tirage est égal à 8 sur un chemin solide.

         Une fois que l'on a calculé la dépense d'énergie du cheval prêt à tirer : masse à tirer et nature du roulement, il faut affecter cette valeur des composants du parcours : les dénivelés, la vitesse, la durée du parcours.

    Montée et descente
Un dénivelé de 60m, augmente la dépense énergétique de  2,5%

     Vitesse de traction
Au pas à 6 km/h  la dépense énergétique augmente de 10% par heure
Au trot à 12 km/h                                                       20%
               15 km/h                                                       25%

     Attelage en paire
        Pour un attelage en paire, la dépense d'énergie de chaque cheval, due à la masse de la charge tirée et aux dénivelés est à diviser par deux lorsque la paire est bien mise, c'est à dire lorsque les chevaux tirent avec la même force.


        Exemple pour un cheval de 600 kg tractant une voiture de 400 kg , sur un parcours de 3 heures avec 120 m de dénivelé, sur un chemin roulant, à la vitesse de 12 km/h.

entretien :                                                              4,8 UFC
travail :  charge tractée  400/600 = 66%     (donc la dépense d’entretien augmente de 2,5%, à multiplier par coef 4 car le parcours se fait sur un chemin roulant soit 10% )                
                                                                            0,48 UFC        
                                                                            ------
                                                                             5,28

             dénivelé                              5%                 0,26 UFC

             3 heures à 12 km/h       = 60%                 3,16     
                                                                              -----
                                                         total              8,7 UFC

    Au cours de cette journée de randonnée, le cheval dépense pour le travail :

          3,9 UFC                                           7,7 g calcium              3,84 g phosphore
          270 g MADC                                    2,3 g magnésium
Soit avec l'entretien une dépense totale de :
          8,7 UFC                                           38 g calcium              24 g phosphore
          610 g MADC                                   12 g magnésium

Particularité de l'attelage en paire :

      Pour un attelage en paire, la dépense d'énergie due à la masse de la charge tirée et aux dénivelés est à diviser par deux lorsque la paire est bien mise, c'est à dire lorsque les chevaux tirent avec la même force. Il arrive souvent en effet que le caractère dominant - dominé de la paire se retrouve lorsqu'elle est attelée, et dans ce cas le cheval dominé cherche à rester en retrait de l'autre, et de ce fait tire moins.
       L'énergie consacrée à la vitesse de l'attelage n'est pas modifiée.

       Donc 2 chevaux de 600 kg, attelés en paire pour tirer une voiture de 400 kg, sur un parcours de 36 km avec 120 m de dénivelé, effectué en 3 heures, dépensent chacun :

                               entretien       4,8  UFC
                               charge          0,24
                                                 -------
            Cheval prêt à tracter        5,04
                               dénivelé        0,12
                                vitesse         3, 02
                                                  ------
                                                   8,18  UFC

     Le cheval attelé en paire a donc besoin de 600 g d'avoine en moins que le cheval attelé seul, pour couvrir ses besoins alimentaires dans les mêmes conditions de randonnée.

 4  COMPOSANTES ACCESSOIRES

    -  Le tirage caractérise la résistance de la voiture au roulement. Il est multiplié par 2 lorsqu'on passe de l'enrobé à la route goudronnée, puis encore par 2 lorsqu'on arrive au chemin sec. Ce tirage se répercute sur la vitesse de confort du trot du cheval, donc sur la durée du parcours, mais peu sur la dépense énergétique globale de la randonnée. Cependant, il faudra prendre en compte une dépense d'énergie supplémentaire dite d'arrachement, en cas de parcours long sur un terrain particulièrement tirant.

                                     Coefficient de tirage au pas      Vitesse de confort du cheval
  chemin de fer                         0,005                                problème des traverses
  enrobé                                   0,01                                  trot de 16 à 18 km/h
  route goudronnée                   0,02                                              15 km/h
  chemin sec                             0,04                                              12 à 14 km/h
  chaume de blé sec                  0,10                                              12 km/h
  sable                                      0,12                                   pas de 5 à 6 km/h

     - Importance du harnachement :
      Le collier, qui prend appui sur l'encolure et les omoplates, économise 25% de la puissance du cheval par rapport à la bricole, qui enserre le poitrail et les épaules. Il permet donc plus facilement au cheval de se sortir de mauvais pas : fossé, voiture embourbée.
    En concours d'attelage sur terrain plat, après un échauffement de 15 minutes nécessitant 0,1 UF, la phase A au trot lui coûte 0,45 UF, les phases B et D au pas 0,07 UF, la phase C au trot rapide 0,3 UF, la phase E 0,9 UF dont 0,2 UF dans les obstacles, soit un total de  1,9 UF  pour 1 heure 20 de course. Cela représente une dépense énergétique de 1,35 UF par heure. Il faudra ajouter 0,5 à 1,5 UF pour la course du cheval près du sang, ou du cheval qui chauffe dans les obstacles ou qui est conduit par un meneur nerveux.

 
    En résumé, à la ration d'entretien, il faut ajouter 0,5 UF par heure de promenade en ville, 0,8 UF par heure de randonnée en terrain varié, 1,3 UF par heure de concours d'attelage sur terrain plat, ces chiffres devant être diminués de 20% pour l'attelage en paire, et augmentés de 0,5 à 1,5 UF suivant le tempérament du cheval.

 

  ÉLÉMENTS DE CONTRÔLES

     Au cours d'une randonnée genre Equirando qui se fait sur 4 à 5 jours, comment doit-on alimenter son cheval ?

      Il faut d'abord connaître ses besoins sur une semaine et les ramener à la journée ainsi les apports alimentaires se feront sans à-coup. Il ne faut pas oublier que le cheval a moins faim suite à un travail intense, ou du fait du dépaysement ou du changement éventuel de granulés. Il faut donc s'attendre à ce qu'il maigrisse un peu lors d'une longue randonnée (14).

      Le cheval de 600 kg, au cours de sa randonnée de 5 jours va dépenser  9 x 5 = 45 UFC. Il va travailler une heure les deux jours qui précèdent (préparation) et les deux jours qui suivent (récupération), ce qui fait une dépense de 6 x 4 = 24 UFC. Sur ces 9 jours la ration alimentaire devra apporter  (45 + 24) / 9 =  7,6 UFC chaque jour.

      Au mois de Mai, l'herbe abondante et 1 kg d'orge ou d'avoine permettront d'atteindre facilement 7,6 UFC.
      Au mois de juin, l'herbe peut durcir et sécher, aussi il faut augmenter l'avoine pour passer à 2  ou 3 kg.
      Au mois de juillet et août les prairies des lieus d'hébergement sont le plus souvent pelées aussi le cheval sera alimenté avec 4 à 5 kg de foin avec un reste de pâture pour 3 UFC, et 5 kg d'aliment dosé à 0,9 UFC donnés en trois repas au cours de la journée, soit 7,5 UFC

        Tous ces chiffres sont entachés d'imprécision lorsqu'il s'agit d'évaluer la quantité d'herbe consommée et sa valeur nutritionnelle réelle. Une approche pratique peut être réalisée par la mesure du périmètre thoracique. En effet une variation de 1 cm de ce périmètre équivaut à une perte ou un gain de poids de 6 kg chez le cheval de trait, de 4,3 kg chez le trotteur, 3,5 kg chez le poney de selle. Or on sait qu'avec 1 UFC, le cheval de trait accroît son poids de 0,5 kg, le trotteur de 0,6 kg, le poney de 0,65 kg. Donc un trotteur dont le périmètre thoracique diminue de 1 cm sur plusieurs jours, aura perdu 4.3 kg du fait d'un déficit alimentaire de 4,3 / 0,6 = 7 UFC

        Là encore, il y a quelques incertitudes sur la mesure du périmètre thoracique suivant le serrage du mètre ruban de + 0,5 cm . Le passage des sangles et de la sellette peuvent être le siège d'un oedème diffus de protection qui apparaîtra dés la première journée, et qui augmentera le périmètre thoracique de 2 à 3 cm. Il faut en tenir compte.

         A l'inverse, s'apercevoir que son cheval n'a pu manger que 6 UFC sur les 9 nécessaires pendant 5 jours, ne l'expose qu'à une perte de poids de 3 UFC x 0,6 kg x 5 jours =  9 kg ce qui n'est pas très grave. Cela équivaut à la perte de poids de 900g en 5 jours pour une femme de 60 kg  faisant un régime !

     Relations Énergie - Poids - Périmètre thoracique

-Cheval de trait   1 UFC = 0,5 kg        variation du périmètre thoracique de 1 cm = 6 kg
- Trotteur            1 UFC = 0,6 kg                                                               1 cm = 4.3 kg
- Poney               1 UFC = 0,65 kg                                                             1 cm = 3,5 kg

        Il est bon de connaître la dépense énergétique de son cheval et de suivre ses effets par la mesure du périmètre thoracique. Cependant il ne faut pas être obnubilé par une couverture absolue des besoins alimentaires, une perte de poids pendant une semaine de randonnée sera rapidement comblée pendant la semaine de repos suivante. D'ailleurs au départ de la randonnée, le cheval était-il à son poids de forme ou avait-il un léger embonpoint ?

                                          **  LES ADDITIFS ALIMENTAIRES  **

        Ce sont des substances ajoutées en faible quantité au rationnement normal pendant un temps relativement court pour améliorer la mise en condition à l'entraînement, pour favoriser la récupération après un effort; pendant un temps plus long pour atténuer les risques de troubles ostéo-tendineux, ou les altérations de la résistance des sabots.

        Les vitamines et les oligo-éléments ainsi que quelques acides aminés sont les piliers de ces produits. En effet il faut souvent multiplier par deux les besoins vitaux en vitamine pour atteindre les doses optimales nécessaires à l'obtention de bonnes performances en compétition ou au travail.

        Ces produits sont regroupés sous l'appellation "ANSA" (Apports Nutritionnels Spécifiques d'Adaptation), que l'on distribue aux chevaux en complément de l'alimentation traditionnelle, à des phases particulières de leur vie pendant lesquelles les besoins sont spécifiquement accrus.

   La mise en condition à l'entraînement:

          L'alimentation doit apporter tous les nutriments nécessaires au travail musculaire et à sa restauration après l'effort, avec en particulier:

        - la vitamine E, facteur anti-oxydant diminuant la formation de peroxydes dans la cellule musculaire, donc limitant le risque de coup de sang avec destruction des fibres musculaires. Elle réagit plus facilement avec les radicaux peroxyles libérés par le métabolisme énergétique que les acides gras polyinsaturés. Ainsi les acides gras polyinsaturés constituants des membranes cellulaires ne vont pas se dénaturer et provoquer une altération de ces membranes. Il en faudrait 1 000 UI par jour, 2 000 UI en période de compétition. Au delà de 7 000 UI, on observe qu’elle entrave l’utilisation des b carotènes et de ce fait provoque une carence en vitamine A.

        - la vitamine B1, intervient dans le métabolisme énergétique en transformant l'acide pyruvique en acide acétique, ce qui contribue à limiter l'apparition d'acide lactique. Le cheval de compétition devrait en consommer environ 100 mg par jour.

        - la vitamine B12 est indispensable à la synthèse de la méthionine et de l'ADN; c'est son rôle anti-anémique. Elle intervient aussi dans le métabolisme énergétique par la dégradation oxydative des acides gras à nombre impair de carbones. Il en faudrait 1 à 10 mg par jour.

        - le Sélénium est nécessaire à une enzyme ( glutathion peroxydase) pour neutraliser les peroxydes formés. Il en faudrait 2 mg par jour pour un cheval ou 0,2 ppm, sans dépasser 5 mg par jour. Ceci réduirait les risques de myosite, de claquage musculaire, participerait à la bonne tenue des membranes des globules rouges et des parois des capillaires. Tout ceci diminue le stress oxydant auquel sont soumis tous les athlètes et améliore leur longévité en compétition.

        -  la vitamine C constitue un système red-ox ( acide 1-ascorbique – acide déhydro-ascorbique ) qui régénère la vitamine E  oxydée et est à son tour réduite par le glutathion. Les cellules sont protégées contre les radicaux libres avec des apports de 10 g de vitamine C par jour. Elle améliore l’absorption intestinale du fer. Cependant, lorsqu’elle est en excès, elle a une action pro-oxydante en ce sens qu’elle réduit le fer ferrique en fer ferreux, et que celui ci réagit avec le peroxyde d’hydrogène pour libérer le radical hydroxyl 0OH qui est très réactif et va constituer des radicaux libres avec des acides gras.

        - le Fer est un composant de l'hémoglobine des globules rouges et de la myoglobine de la fibre musculaire pour transporter l'oxygène. La supplémentation en fer a peu d'effets sur le taux d'hémoglobine sauf pour les chevaux anémiés, ou lors d'excès de phosphore dans la ration. Par contre l'excès de fer expose à une oxydation de la vitamine E.

        - la choline est un acide aminé donneur de groupement méthyle, comme la méthionine et la bétaïne, que mobilise la vitamine B12. C'est aussi un constituant de l'acétylcholine, médiateur dans la transmission des impulsions nerveuses. Elle est un élément constitutif des lécithines et, à ce titre intervient dans le fonctionnement cellulaire et l'élaboration des parois cellulaires. Il en faudrait 1 à 2 g par jour.

        - la carnitine est indispensable à la pénétration des acides gras à longue chaîne dans les mitochondries où ils sont oxydés pour céder de l'énergie en aérobiose. Sur les chevaux d'endurance, elle favorise l'utilisation des graisses et diminue la formation d'acide lactique (12). Il faudrait apporter 10 g par jour surtout lorsque le cheval est en début de saison d’entraînement. Ensuite ses muscles en synthétiseront suffisamment.

  Chronologiquement sur les quinze jours qui précèdent l'épreuve, la mise en condition peut se faire en quatre phases:

    J-15                                              J-8                                     J-2      J-1    J0       J+1
     *      *     *     *     *     *     *        *     *     *     *     *     *       *       *       *        *
Fer, Cuivre                                         *     *     *     *     *     *       *       *       *        *
vit.B12, Zinc                                  Carnitine
                                                  vit.E, B1, Se                                 *       *       *        *
                                                                                             Méthionine
                                                                                           Choline, vit. C
                                                                                                                *       *       *
                                                                                                                Électrolytes


La limitation des risques de troubles ostéo-tendineux:

        Ils sont surtout à craindre chez le jeune à croissance rapide pour les os, à la mise à l'entraînement ou lors de travail très intense pour les tendons et les articulations.

        - le calcium doit souvent être apporté pour compenser les excès relatifs de phosphore du au large emploi de céréales. Le rapport Ca/P doit être voisin de 1,8 et en tout cas compris entre 1 et 3.

        - le zinc intervient dans la synthèse protéique en tant que coenzyme réprimant ou induisant la transcription en ARN messager des gènes de structure. Ainsi il est indispensable aux divisions cellulaires, à la synthèse du collagène de l'os et de la peau. Il mobilise la vitamine A stockée dans le foie. Il en faudrait 600mg par jour.
   
        Il est cofacteur de la SOD (super oxyde dismutase) avec le cuivre. C’est le premier système de défense contre le stress oxydant car elle dismute 2 anions superoxydes en oxygène et peroxyde d’hydrogène.

        - le cuivre est coenzyme dans de nombreuses voies métaboliques permettant la synthèse de la kératine des poils et de la corne, de la myéline du système nerveux, de l'élastine modifiant la résistance des gros vaisseaux, des ligaments et de la matrice protéique de l'os. C'est un facteur anti-anémique permettant la mobilisation du fer. Il assure la néo-vascularisation du cartilage dont dépend la croissance de l'os. Ainsi il empêche un épaississement des cartilages articulaires qui les rendrait sensibles à la fissuration et à la nécrose, aboutissant à l'ostéochondrose. Il en faudrait 200mg par jour.

        - l'iode a un grand rôle dans le fonctionnement de la thyroïde et l'édification de la trame osseuse puis sa minéralisation. Il est indispensable en additif de ration contenant des choux et du colza. Il en faudrait 2mg par jour.

        -   la vitamine C stimule la synthèse du collagène à raison de 5g par jour.

        - le sélénium

Le renforcement de la tenue de la corne des sabots:

        - la vitamine A intervient dans la croissance et la régénération de tous les épithéliums (paroi constituée de cellules vivantes). Elle active donc la pousse du sabot. Elle est stockée au niveau du foie d'où elle est libérée dans la circulation sanguine en présence de zinc. Il faut compter un besoin de 50 000 UI par jour. Cette vitamine est fragile; le pressage, la granulation et le stockage en dégradent une partie (10% par mois de stockage).

        - la vitamine H (biotine) contrôle la synthèse et le dépôt des scléroprotéines comme la kératine qui est l'élément constitutif essentiel de la corne du sabot. Il en faudrait de 10 à 15 mg par jour sur une longue période car la croissance de la corne est d'environ 1 cm par mois. Le fendillement des sabots est révélateur d'une carence en biotine.

        - la vitamine B6 (pyridoxine) est un facteur essentiel du métabolisme énergétique mis à contribution pour assurer la synthèse de la kératine et des épithéliums. Il en faudrait 20 à 30 mg selon les auteurs.

        - le zinc, le cuivre

        - la cystéïne est un acide aminé soufré (ainsi que la méthionine), qui se transforme en cystine (constituant indispensable de la kératine), en présence de cuivre, de zinc et de vitamine A.

La compensation des pertes dues à la sudation:

        La sueur du cheval est très riche en sels minéraux qui sont perdus lorsqu'elle est émise. Elle contient en effet 10 fois plus de potassium que le sang, 20 fois plus de magnésium (indispensable à la contraction musculaire), 2 fois plus de chlore, et autant de sodium. (15 )
        On observe alors une baisse de la kaliémie et de la chlorémie pendant la course, mais dés le lendemain la kaliémie retrouve une valeur normale, alors qu’il faudra plus de temps pour que la chlorémie remonte.

        La veille et le jour de l'épreuve, il faut distribuer des électrolytes dans l'eau de boisson pour faire face à ces pertes:

        NaCl  20g ,      KCl  8g ,      CaCl2  1g ,       MgCl2  0,5g

        Des préparations en pâte à injecter dans la bouche du cheval contiennent ces électrolytes.

Pour poursuivre sur ce thème vous pouvez consulter une autre page : L'Alimentation simplifiée du cheval

Dr Guy SOUFFLEUX

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